C’est quoi, cette classe politique et à quoi sert-elle ?

Jérôme Serri
Ancien collaborateur parlementaire, ancien collaborateur du magazine Lire, Jérôme Serri a publié Les Couleurs de la France dans la peinture française avec Michel Pastoureau et Pascal Ory (éditions Hoëbeke/Gallimard), Roland Barthes, le texte et l'image (éditions Paris Musées), Les planches de l’Encyclopédie Diderot et d’Alembert vues par Roland Barthes (Musée de Pontoise). Membre du « Groupe de recherches André Malraux » à Paris-IV Sorbonne et commissaire de l’exposition Les Officiels vus par André Malraux au Musée Pissarro à Pontoise, il a participé à la rédaction du Dictionnaire André Malraux (éditions du CNRS).

C’est quoi, cette classe politique ?
D’un côté elle laisse un plasticien, dont on apprendra qu’il est poursuivi pour pédocriminalité, installer à l’Opéra Garnier deux énormes pneus de tracteur dorés à la feuille d’or, de l’autre elle laisse un ministre de l’Intérieur interdire aux tracteurs de nos agriculteurs de monter à Paris pour crier pacifiquement leur colère. Pour le Gouvernement, il ne faut pas que les Français soient témoins de cette colère, il ne faut pas qu’ils s’aperçoivent avec quelle désinvolture nos politiques ont bradé depuis des années notre agriculture : pas de témoin, pas de coupable. En revanche, tout ce qui peut abrutir les Français, les distraire en leur faisant prendre comme à l’Opéra des vessies pour des lanternes et concourir ainsi à l’effacement de ce que la France a représenté dans le monde, mérite d’être encouragé et soutenu.
Des ministres déconnectés
L’inauguration à l’Opéra Garnier des pneus de tracteurs dorés à la feuille d’or, c’était le 30 décembre 2018, il y a sept ans. Est-ce qu’il ne fallait pas que nos « élites » fussent complètement déconnectées de la réalité du pays pour se féliciter d’une telle installation en pleine crise des gilets jaunes ? J’avais à l’époque publié sur le site de Causeur une lettre ouverte au Président du Sénat, Gérard Larcher, dans laquelle je lui suggérais de mettre en place une commission d’enquête sur le cheminement d’une telle commande publique. J’avais énuméré un certain nombre de questions qui devaient être posées au ministre de la culture et surtout à son entourage, car le pauvre Monsieur Franck Riester en poste à l’époque était aussi étranger aux affaires culturelles que Madame Annie Genevard l’est à l’agriculture.
Qu’est-ce que ces pneus de tracteurs venaient donc faire sur les départs de rampe du double escalier intérieur de l’Opéra Garnier pour célébrer le 350ème anniversaire de l’intégration en 1669 de la Compagnie de danse académique classique à l’Académie royale de musique créée par Louis XIV ? Bien entendu, le Président du Sénat n’a point osé créer une telle commission d’enquête. Avant Monsieur Éric Ciotti, Président de l’UDR à l’Assemblée nationale, personne n’avait non plus osé en créer une sur l’audiovisuel public et ses quatre milliards d’euros de subventions dont les Français, audition après audition, découvrent avec effarement l’usage qui en est fait.

Art contemporain, audiovisuel public : même combat
Espérons toutefois qu’après cette commission d’enquête Charles Alloncle aura à cœur de se pencher sur l’usage qui est fait de l’argent du contribuable par ceux qui autorisent, sur la voie publique ou dans des lieux prestigieux, ces turpitudes dites d’art contemporain : vagin de la reine, plug anal, sodomie géante, pneus en or, grenouille verte qui peine à se faire aussi grosse que les beaufs qui en soutiennent l’intérêt, etc. Oh, il ne s’agit pas de juger. Le jugement tombera comme un fruit mûr lorsqu’on sera au clair avec cette liberté d’expression invoquée à tout bout de champ par nos politiques. Il s’agit en effet de savoir combien de libertés d’expression ont été étouffées, mises sous le boisseau à la faveur du projet retenu, combien de dossiers sont victimes du favoritisme de décideurs puérils, de certains conflits d’intérêt, voire d’une véritable corruption. Si une commission d’enquête était un jour créée sur les méthodes en vigueur en matière de politique de soutien à la production contemporaine, je serais heureux d’être auditionné, ayant été le seul directeur de Fonds Régional d’Art Contemporain, c’était celui d’Ile de France, à avoir refusé les crédits du ministère Jack Lang, avec le slogan suivant : « Moins d’argent, plus de liberté ».

Annie Genevart et Bruno Retailleau dans le même piège
Comme l’a déclaré un agriculteur au micro de Cnews, le Président de la République veut envoyer des milliers de Français en Ukraine alors qu’il est incapable de défendre notre agriculture et notre souveraineté alimentaire. Cet agriculteur de la Coordination Rurale rappelait à cette occasion que cette souveraineté alimentaire était dans l’intitulé même du ministère d’Annie Genevard. Arrêtons-nous un instant sur cette ministre qui n’a pas eu le courage de démissionner au lendemain de l’assaut des blindés appuyés par un hélicoptère sur la malheureuse ferme de l’Ariège. Monsieur Bruno Retailleau avait d’ailleurs montré l’exemple : ministre de l’Intérieur, il n’avait pas eu le courage en octobre 2024 de descendre de l’avion lorsqu’il découvrit que faisait partie de la délégation officielle en partance pour le Maroc un nommé Yassine Belattar qui, s’il se piquait de conseiller le Président Emmanuel Macron, avait été condamné pour menace de mort. C’est ce personnage qui avait dissuadé le Président de la République de participer à la « Marche contre l’antisémitisme » le 12 novembre 2023.
Annie Genevard a donc été nommée ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire sans doute parce qu’elle ne connaissait rien aux questions agricoles, et sans doute aussi parce qu’il s’agissait, pour l’Elysée, de détruire un peu plus Les Républicains (LR) avec un dossier devenu inextricable. Comme le rappelait Pierre Lellouche, ayant été depuis longtemps fédéralisée, la politique agricole est devenue en quelque sorte le domaine réservé de la commission de Bruxelles et de sa présidente Ursula Von der Leyen.
Quand Annie Genevard faisait déjà semblant
Reposons notre question :
c’est quoi, cette classe politique ? A quoi rime la comédie, notamment à droite, de cette impuissance qui désarme toute conviction et toute stratégie ? Madame Annie Genevard avait créé début juillet 2019 un groupe de travail sur l’écriture inclusive. Elle m’avait invité à y participer car j’avais publié sur le site du Figaro une chronique sur le sujet. Elle avait dans son dossier un autre de mes articles dans lequel je révélais que le Président Larcher avait laissé une sénatrice socialiste déposer une proposition de loi rédigée de cette manière. J’avais également découvert que la Présidente (UC) de la commission culture du Sénat avait, dans sa région, adressé à ses concitoyens une lettre qui utilisait le point médian de cette écriture. Question : le premier travail de Madame Annie Genevard, informée de ce dysfonctionnement au Sénat, n’eût-il pas été de prendre d’abord contact avec son collègue, le Président du Sénat, LR comme elle ? Créer un groupe de travail permet certes à Madame Genevard – communication oblige – de passer dans sa circonscription électorale du Doubs pour une élue convaincue, une députée particulièrement soucieuse de défendre la langue française. Convaincue, elle l’est très certainement et ce d’autant plus qu’elle est professeur de lettres classiques ; mais sa conviction n’est que toute théorique et n’embraye sur aucune détermination, sur aucune défense véritable de notre langue. Résultat : ces derniers jours, c’est-à-dire sept ans après la création éphémère de son petit groupe de travail, le Conseil d’Etat valide l’écriture inclusive sur les plaques commémoratives à Paris. Pour mesurer combien ce petit monde s’entend pour se faire la courte échelle et laisser entrouvertes des portes par lesquelles se faufile peu à peu le pire, notons que le Secrétaire général du Conseil d’Etat a été le Directeur du cabinet de Gérard Larcher au Sénat entre octobre 2014 et octobre 2017, puis qu’il est retourné au Conseil d’Etat jusqu’en mars 2022, date à laquelle il est entré au Conseil Constitutionnel sur proposition de… Gérard Larcher. Ajoutons que lorsqu’on prétend défendre la langue française qui est une pièce maîtresse de notre patrimoine, on ne se précipite pas dans les bras d’une macronie pour laquelle il n’y a pas de culture française et dont un certain Christophe Castaner avait montré l’exemple en se vautrant dans la démagogie d’une rédaction d’un tract en écriture inclusive.

Une nation que l’on aide à se défaire
Voilà ce qu’est la petite politique politicienne, celle des maroquins et des postes qu’on lorgne et par laquelle se défait insidieusement, jour après jour, une nation comme la nôtre. L’année 2026 qui vient de s’ouvrir est un double anniversaire. C’est d’abord le 50ème anniversaire de la mort d’André Malraux. Celui-ci fit appel en 1962 à Chagall pour le plafond de l’Opéra Garnier. Quelle eau polluée a donc coulé sous les ponts de la Seine pour que des décennies plus tard on fasse appel à des pneus d’un pédophile qui s’est rendu célèbre notamment par des enseignes lumineuses comme celles-ci : « Mon cul, ma vie, mes couilles », « Je suis une merde », « Riez », « Nous sommes heureux », « Ta gueule ». Apprendre que le Président de la République avait des productions de ce monsieur dans les salons de l’Elysée (certes, aucune de ces enseignes), laisse songeur. Une commission d’enquête, comme celle que nous proposions au Président du Sénat, pourrait nous apprendre qui eut l’idée de faire entrer à l’Elysée l’une ou l’autre production de ce plasticien.

Quand les agriculteurs brandissent un drapeau mis sous le boisseau par les politiques
L’année 2026, c’est aussi le 20ème anniversaire de l’installation des couleurs de la France dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale par son Président Jean-Louis Debré, le fils de Michel Debré à qui le général de Gaulle avait confié le soin d’élaborer les grandes lignes de la Constitution de la Ve République. Cette installation se fit en 2006. Le bureau du Sénat, de son côté refusa par deux fois de suivre l’exemple de l’Assemblée nationale. Et comme nous l’avons montré dans une tribune parue toujours sur le site de Causeur, Gérard Larcher a fini par donner satisfaction au sénateur qui s’était fait l’interprète de certains électeurs de son département. Mais, centriste dans l’âme et soucieux de conserver le maximum de soutiens pour sa réélection, il n’a pas pu s’empêcher d’user d’un stratagème afin que certains de ses collègues ne puissent lui imputer une décision si peu favorable au projet européiste de l’effacement des nations.
Que nos agriculteurs soient bien persuadés que lorsqu’ils pavoisent leurs tracteurs aux couleurs de la France ou brandissent le drapeau de la nation en chantant la Marseillaise devant l’Assemblée nationale, que ces hommes et ces femmes courageux comprennent bien que le Sénat qui s’est toujours opposé au général de Gaulle ne vise, comme Le Président de la République Emmanuel Macron, qu’un seul but : dissoudre la souveraineté nationale dans une Europe supranationale qui, on le voit déjà, bafoue les principes mêmes de la démocratie avec une commission non élue qui prend des décisions contraires aux intérêts des peuples. Il faut étouffer la colère des agriculteurs. Le drapeau qu’ils brandissent est appelé à ne servir qu’au lever des couleurs dans nos casernes, et ce afin de discipliner les jeunes Français que l’on pourrait envoyer se faire tuer en Ukraine.

Le patriotisme de façade de Bruno Retailleau
Si personne ne le sait, Monsieur Bruno Retailleau, lui, est au courant de la façon dont a été torpillée l’exposition sur Les couleurs de la République dans la peinture française qui devait se tenir en 2017 sur les grilles du jardin du Luxembourg, quelques mois avant l’élection présidentielle. Torpillée par qui ? Tout simplement par une administration partageant les mêmes visées fédéralistes que le Président du Sénat qui avait fait semblant en 2014 d’en souhaiter l’organisation pour donner de la crédibilité à son slogan de campagne, si attristant avec le recul : « Le Sénat peut relever la République ».
Recevant en 2016 le livre qui a pu être édité, hélas ou heureusement sans le concours du Sénat, et qui est sorti en librairie pour le premier anniversaire de la tuerie de masse du Bataclan, recevant ce livre que je lui adressais, Bruno Retailleau m’a écrit un mot fort enthousiaste pour me demander s’il était possible d’organiser une exposition sur ce thème dans sa région des Pays de la Loire dont il était alors le Président. Mais Bruno Retailleau n’a pas oublié que c’est à Gérard Larcher qu’il doit son élection à la tête du groupe LR du Sénat face au séguiniste Roger Karoutchi. Laissons donc ce projet d’exposition s’abîmer sous le coude du Président du Sénat, et les couleurs de la République flotter au vent des convictions patriotiques de façade. Si le Sénat à l’évidence n’a pu relever la République, ne serait-il pas de l’intérêt d’une République si affaiblie, dix ans après ce slogan présomptueux, de se souvenir du général de Gaulle qui en envisageait la suppression ?

Le slogan des politiques : pas de témoin, pas de coupable.
Il suffit d’aller derrière le rideau et d’épier ce que certains estiment n’être que des détails, pour voir que nos politiques œuvrent en permanence dans la duplicité, à mille lieues de l’intérêt véritable du pays. Souvenons-nous de l’échange entre cette ancienne ministre de la culture, devenue sénatrice (PS), et un journaliste de la chaîne Public Sénat qui l’interrogeait sur une prime exceptionnelle de 3531 € accordée par le questeur du Sénat, également PS, à tous les sénateurs à la veille de leur départ en vacances, et que certains – honneur à eux ! – avaient refusée. C’était le 7 juillet 2011, sous la Présidence de Gérard Larcher : « Donc vous refuserez également cette prime ? demande le journaliste – Je peux tout à fait la refuser, répond la sénatrice, sans l’ombre d’un regret. – Et vous comprenez ce vent de fronde qui agite le Sénat ? – N’exagérons rien, je ne sens pas de fronde ni ici ni dans d’autres lieux du Sénat, mais c’est vrai que la presse s’étant emparée du sujet il y a débat, il y a naturellement débat compte tenu de ce que vivent les français sur le plan économique ». Autrement dit : pas vu, pas pris. Pas de témoin, pas de coupable. Indigne !

Le grand politique contre une hérésie mortifère
Que nos agriculteurs méditent cette bassesse en la comparant avec la hauteur qui était celle de Charles de Gaulle écrivant en 1932 dans Le fil de l’épée : « On ne fait rien sans de grands hommes, et ceux-ci le sont pour l’avoir voulu ». Que nos agriculteurs comprennent bien, et les 80 % de Français qui les soutiennent, que notre pays ne s’en sortira pas sans un homme hors du commun, un homme courageux qui dise non à toute forme d’indignité, un homme convaincu que la France a encore une voix à faire entendre dans le monde, un homme pétri d’histoire et ayant très tôt compris que le projet d’une Europe contre les nations était une hérésie politique, un contresens « métaphysique » dirait Péguy, à coup sûr mortifère pour un pays, pour son identité, sa culture et son agriculture.

Yves Michaud
Vous avez raison et montrez de manière irrécusable la complicité et la connivence des membres de la caste politique. Au fond il n'y a pas grande différence entre un Retailleau, un Larcher ou une Genevard et un socialiste hollandais ou fauriste ou un macroniste. Finalement, j'aurais plus d'estime pour la virulence de LFI : le reste de "l'arc républicain" ne vaut pas tripette.

Marc Vérat
Dommage ! Le texte de Jérôme Serri paraît un peu long, les gens, y compris bien entendu les politiques, ne lisent plus, ne regardent plus ?
La démocratie, en dehors de quelques personnes de pouvoir, n’est qu’une illusion soigneusement entretenue par des politiques et des médias étroitement liés.
D'ailleurs, n'appartient-il pas aux élus de penser et d'agir pour nous ? Aux journalistes établis de choisir et de s'exprimer à notre place ?
La réussite scolaire, en dehors de quelques grandes écoles, n’est qu’une illusion soigneusement entretenue par des pédagogues et des inspecteurs tout autant de connivence et sortir de son milieu, en exprimant des idées différentes, reste plus exceptionnel que jamais.
L'illusion a désormais remplacé la morale laïque et intransigeante de la Troisième République, et le culte de la démocratie celui de la patrie. Mais la finalité reste la même : Le conditionnement accompagné d'un espoir de paix sociale et de bonne conscience.
Les disciplines artistiques possèdent, semble-t-il plus que toute autre, la caractéristique de mettre en évidence cette illusion, les carences de ladite démocratie et de ce confort apporté par la fonction publique. Ainsi, depuis longtemps, on apprend rien ou presque dans les facultés et écoles d'Art. Mais peu importe ! L'essentiel étant pour les enseignants, les inspecteurs, les conseillers, et pour la plupart sans aucune espèce de scrupule, de faire croire afin de préserver sa rente de situation. MV

Elisée Reclus
Compagnons,
Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n'est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l'exercice du droit de suffrage.
Le délai que vous m'accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j'ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.
Voter, c'est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c'est renoncer à sa propre souveraineté. Qu'il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d'une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu'ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.
Voter, c'est être dupe ; c'est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d'une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l'échenillage des arbres à l'extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l'immensité de la tâche. L'histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.
Voter c'est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l'honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour.
Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l'homme change avec lui. Aujourd'hui, le candidat s'incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L'ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu'il était avant d'avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n'apprend-il pas à courber l'échine quand le banquier daigne l'inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l'honneur de l'entretenir dans les antichambres ? L'atmosphère de ces corps législatifs est malsaine à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s'ils en sortent corrompus.
N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d'autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d'action futur, agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c'est manquer de vaillance.
Je vous salue de tout cœur, compagnons.
Elisée Reclus, lettre adressée à Jean Grave, insérée dans Le Révolté du 11 octobre 1885

Jean-Philippe Domecq
Absolument pas d'accord avec cet apolitisme, d'une immaturité frappante par les temps actuels.
Sans compter que le débat n'est pas là.

Jérôme Serri
Y aura-t-il une “disputatio” entre nos deux personnalités engagées à gauche ?
Yves Michaud répondra-t-il à Jean-Philippe Domecq ?
Où l'un et l'autre situe-t-il le débat, et quel débat ?

Marc Vérat
Pas si clair que ça ! "absolument pas d'accord avec cet apolitisme, d'une immaturité frappante par les temps actuels" ? A chacun sa part de naïveté, à chacun sa part d'illusion, sans parler "d'une immaturité frappante par les temps actuels", sans aucun doute au sujet de nos soi-disant représentants.
En France, avec son ministère de la culture omnipotent et son armée de fonctionnaires, le débat devient forcément, à un moment ou à un autre, politique.

Jérôme Serri
Puisqu'il y a un ministre des affaires culturelles et que celui-ci est membre d'un gouvernement, le débat ne peut pas ne pas être, à un moment ou à un autre, politique.
Mais il ne peut pas être seulement et/ou d'abord politique. Il se pourrait même que l'engagement politique ne lui permette pas d'être en tout point pertinent.
Pourquoi, quand on parle de "sociologie de l'art", s'interroge-t-on sur la sociologie, sur ses méthodes, sur ses rapports avec d'autres disciplines, et fait-on comme si l'on savait de quoi l'on parle quand on utilise le mot "art" ? Pourquoi présupposerai-t-on que c'est en faisant la sociologie de l'art que le mot "art" finirait par trouver sa véritable signification, celle-ci dût elle être plurielle. Car, comme nous l'a appris Platon dans ses dialogues, la souveraine unité d'une définition se voit vite mise à mal par la petite torpille d'une question qui en montre l'insuffisance inaperçue.
Celle-ci sortirait-elle de la sociologie comme Vénus sort de la mer ?
Ce "comme si" est très important.

QU’EN EST- IL DE LA NOTION D’ESTHETIQUE ET DE GOUT ?
cf/ Mémoire de maîtrise, philo 1973

Il semble aisé de distinguer d’une part :
le goût dicté par une époque précise, qui est régi par des règles et des lois qui contraignent les personnes à se conformer à un modèle et qui ne sont valables que pour un temps : la mode en somme ;
et, d’autre part un goût, sans référence particulière, qui est une préférence naturelle et spontanée, sans lien avec une époque donnée.
L’esthétique lorsqu’elle est tributaire de certaines règles propose aux artistes un modèle défini, un style d’art et un point de vue bien spécifique. Ce modèle est forcément arbitraire puisqu’il aurait pu être décidé d’une autre façon par d’autres personnes. Il est également sélectif et partisan puisque toutes les oeuvres qui n’entrent pas dans le cadre de cette « mode » sont considérées comme mineures et en conséquence peu dignes d’attention.
Cependant, selon Kant, la notion d’esthétique bien qu’étant subjective, demeure à prendre en compte ; sans elle, tout jugement de goût ainsi que toute valeur plastique seraient annihilés.
Pour Kant, "le goût peut clarifier l’oeuvre, retrancher les éléments excessifs, apaiser ce qu’elle peut avoir de trop violent et ordonner ainsi les idées principales... Le goût permet à l’oeuvre de s’épurer et de ne garder que ses meilleurs éléments. Elle pourra ainsi durer plus longtemps face à la postérité et être reconnue plus aisément."
En conclusion selon Kant, un artiste doit posséder l’imagination afin de présenter dans ses oeuvres des idées novatrices et originales, l’entendement afin d’être capable de réfléchir à son oeuvre et de canaliser son énergie, l’âme pour animer sa création ; et enfin la notion de goût pour épurer celle-ci. Pour lui, l’apprentissage de certaines bases est nécessaire avec des contraintes matérielles très souvent incontournables.
D'après Kant, le « génie » est un combiné d’inné et d’acquis, un composé de nature et de culture. Les dons apportés par la nature ne suffisent pas, tout créateur doit maîtriser son domaine en se servant notamment de sa raison.

Jérôme Serri
La critique du jugement ne peut pas nous aider à penser notre rapport à l'art. Pourquoi ?
Parce que, et c'est fondamental, notre civilisation est la première à réunir sous le même terme "art" les créations de toutes les civilisations précédentes et à les admirer (les aimer) à côté de celles par exemple d'un Van Gogh, d'un Braque ou d'un Picasso. Autrement dit, et c'est un point capital, notre art n'est pas seulement celui de notre temps.
Ne pas prendre en compte cette singularité (ce mystère) de notre civilisation dite moderne, c'est s'empêcher d'aborder sérieusement la question de l'art ou ce qui est même chose, celle de la création (à surtout ne pas confondre avec la production ou la créativité).

Nicole Esterolle
Je doute que Mlle Tabouret, dont je vois l'adresse mail dans la bouche, comprenne quoi que ce soit dans nos échanges... Mais bon ! Sait-on jamais ?


Mais elle est bien jolie Claire Tabouret - Portrait by Guillaume Ziccarelli

Micole Esterolle
LA SOCIOLOGIE DE L’ART EN QUESTION : LE DÉBAT EST OUVERT ICI…

ALIMENTONS LE DÉBAT !
Le dossier est-il en train de s’ouvrir pour l’occasion ?
Espérons-le ! Et c’est dans cette heureuse perspective que je tenais à vous fournir des éléments utiles pour alimenter le débat.
Depuis cinq décennies, l’appareil d’État dédié à l’art et à la culture, avec ses FRAC, MAC, CNAP, ses écoles d’art, etc, n’a eu, semble-t-il, d’autre fonction que celle d'une destruction massive de l’art véritable.
Le service public de la cuture a entrepris, avec l’argent des contribuables, un travail long et acharné d’invisibilisation, de ringardisation, de réactionnarisation de la création à contenu sensible, libre et indépendante, non conforme à ses préconisations esthétiques « progressistes » de type conceptualo-bidulaire…
Il faudrait se conformer à la doxa artistique officielle, totalement subventionnée et artificielle, hors sol, déshumanisée, masochiste, sur-intellectualisant l’absurde et la bêtise, esthétisant la laideur au nom d’un progressisme déconstructif, mondialisé et contemporanéisé. Sauf que cette politique gouvernementale de déconstruction massive a minablement raté son coup, malgré les sommes exorbitantes d’argent public investies.
Certes, cette funeste politique a généré des milliers de faux artistes idéologisés, casseurs de codes, des subversifs de salon subventionnés et fonctionnarisés, mais, dans le même temps, il s’est paradoxalement produit comme une explosion de la création indépendante, dont on peut voir l’abondance, la richesse, la diversité et la fabuleuse inventivité, sur internet et sur les réseaux sociaux, puisque les galeries prospectives sont aux trois quarts disparues...

INVISIBILISER : Rendre invisible, soustraire au regard une catégorie de population, dans l’espace public, la vie professionnelle, etc.
L'art conceptuel et minimaliste a occulté en grande partie la peinture actuelle, bonne comme mauvaise mais, ici, ça reste une histoire d'appréciation, de choix : le Nicolemuseum, par exemple, oublie les paysages et natures mortes.



Pierre Lamalattie
J’aime beaucoup les buffets Henri II que j’ai vus apparaître dans un précédent mail (j’assume). J’ai aussi un grand intérêt pour les ouvrages de Natalie Heinich. Je pense que ses efforts en vue de la neutralité de la recherche vont dans le bon sens, même si s’agissant des sciences humaines, c’est souvent plus un but qu’une certitude. De même, je le répète, je suis sensible à ses courageux engagements pour défendre la recherche des empiétements idéologiques dans l’air du temps.
Au-delà de cette remarque, j’ai lu, ces derniers temps vos échanges de mails alors que j’étais en voyage. Une des choses qui m’a intéressé est la notion de corpus soulevée par Yves Michaud. Selon l’art que l’on fréquente, on en tire des idées différentes. C’est très simple, mais c’est extrêmement important. Or je pense qu’il y a actuellement un énorme problème d’accès à l’histoire de l’art dans sa diversité.
Pour beaucoup, l’art moderne et contemporain constitue le tout du XXe siècle. Par exemple, le centre Beaubourg prétend être “une référence pour chacun des grands mouvements artistiques des xxe et xxie siècles”. Or, il ne présentait encore récemment que ceux s’inscrivant dans le grand récit moderne-contemporain qu’il a d’ailleurs contribué à forger.
J’ai une vision fort différente de cette période. De ce fait, le corpus sur lequel je réfléchis est tout autre de ce qu’on trouve dans tous ces livres et ces musées qui confondent histoire de l’art du XXe siècle et histoire de l’art moderne et contemporain. J’ai accumulé chez moi au fil du temps beaucoup de livres sur des peintres du xxe siècle. À eux, se sont ajoutées les immenses possibilités d’Internet. Je suis frappé qu’il n’y ait presque aucun nom en commun entre ma bibliothèque et les cimaises de Beaubourg. Ceci alimente ma conviction que l’histoire de l’art, notamment du xxe, doit être bien plus ouverte et plurielle qu’elle ne l’est.
Il en est de même, de beaucoup des nouveaux peintres figuratifs. Ce qui est dans le cœur de la plupart d’entre eux, c'est ce que l’on pourrait appeler leurs arts maternels, ceux qui leur ont donné du plaisir quand ils étaient jeunes. Ce sont les figurations sur papier (arts de fait les plus importants au XXe siècle), la BD, l’illustration, les pochettes de disques, l’univers visuel associé aux musiques populaires, etc. C’est dans ce substrat que puisent pour une bonne part les nouveaux peintres figuratifs. Il a aussi beaucoup d’autres courants artistiques dont je vous fais grâce.

Cette idée d’élargir le “corpus”, autrement dit d’être cultivé, s’impose à tous, même aux scientifiques : ils doivent éviter d’intégrer à leurs hypothèses implicites des biais ou des angles morts. Je reprends l'exemple de Nathalie Heinich. Elle distingue trois paradigmes : le contemporain, le moderne et le classique. Ce dernier désigne de façon dépréciative une catégorie faisant office de voiture-balai. Cependant, il comporte à mes yeux tout du moins, une bonne part de la diversité artistique du xxe siècle, de la période actuelle, et de la sociologie allant avec. Je comprends que les idées ont besoin de modèles simples pour être clairement énoncées. En outre, je trouve que cette idée de « paradigme » éclaire très efficacement la situation actuelle. Cependant, parler de « paradigme classique » n’est pas neutre.
En résumé, mieux appréhender l’histoire de l’art et la création actuelle dans leurs diversités est, à mes yeux, un enjeu majeur.

PS : merci et bravo à Marc Verat pour ces précisions biographiques qui, en ce qui me concerne, sont parfaitement documentées.

*  *  *

Y A-T-IL UN SOCIOLOGUE DE L’ART DANS L’AVION ?
Avec les participations de Nathalie Heinich, Yves Michaud, Jérôme Seri, Pierre Lamalattie, Marc Vérat, Marie Sallantin, Jean-Philippe Domecq, Nicole Esterolle, Aude de Kerros
D'après les présentations générées par l'Intelligence Artificielle : https://copilot.microsoft.com/


Aujourd’hui : Qui est Yves Michaud ?
Yves Michaud est principalement connu comme un philosophe français spécialiste d’esthétique et de philosophie politique, né en 1944. C’est aussi un nom porté par d’autres personnalités, dont un homme politique québécois décédé en 2024.

Yves Michaud (né en 1944) – Philosophe français
Philosophe, théoricien et critique d’art, professeur des universités.
Né le 11 juillet 1944 à Lyon.
Spécialiste de David Hume et John Locke, héritier de l’empirisme et du scepticisme.
A enseigné à Berkeley, Édimbourg, São Paulo, Rouen, Paris.
Directeur de l’École nationale supérieure des beaux-arts de 1989 à 1997.
Auteur de nombreux ouvrages sur l’art contemporain, dont L’Art à l’état gazeux.
Fondateur de l’Université de tous les savoirs.
Il est connu pour son style anti-cartésien, parfois polémique, et ses analyses sur l’esthétisation du monde contemporain.

Dis‑moi simplement de quel Yves Michaud tu parles — le philosophe français ou le militant québécois — et je te fais un résumé clair de ses idées, de ses ouvrages majeurs ou de son rôle public.

Le philosophe français
C’est une figure singulière dans le paysage intellectuel : empiriste, sceptique, volontiers provocateur, et très attentif aux transformations culturelles contemporaines.
Ses idées principales
1. L’esthétisation du monde
C’est probablement son apport le plus connu. Dans L’Art à l’état gazeux, il soutient que :
L’art n’est plus un objet rare ou sacré.
Il s’est dilué dans l’expérience quotidienne, dans le design, la mode, l’architecture, les écrans.
Nous vivons dans un monde où tout doit être “beau”, agréable, lisse, mais où l’art perd sa force critique.
Il parle d’un art “gazeux”, omniprésent mais insaisissable.
2. Un empirisme assumé
Michaud se revendique héritier de Hume et Locke :
Il se méfie des grands systèmes philosophiques.
Il privilégie l’observation, l’expérience, le concret.
Il critique volontiers les abstractions métaphysiques ou les discours trop théoriques.
C’est un philosophe anti-cartésien, au sens où il refuse les certitudes a priori.
3. La démocratie et la société libérale
Dans ses textes politiques, il défend :
Une vision libérale au sens classique : droits individuels, pluralisme, scepticisme envers les idéologies.
Une méfiance envers les discours moralisateurs ou identitaires.
L’idée que la démocratie repose sur des individus capables de juger par eux-mêmes, pas sur des dogmes collectifs.
4. L’art contemporain : critique et lucidité
Michaud a dirigé l’École des Beaux-Arts et connaît intimement le milieu artistique. Il analyse :
Les dérives du marché de l’art.
Le rôle des institutions culturelles.
La confusion entre art, communication et divertissement.
Il n’est pas réactionnaire, mais lucide : il décrit ce qu’il voit, même si cela dérange.

Pourquoi il compte encore aujourd’hui
Parce qu’il met le doigt sur quelque chose que tout le monde ressent : nous vivons dans un monde saturé d’images, de design, d’émotions “esthétiques”, mais où l’art véritable semble s’évaporer.
Et parce qu’il incarne une philosophie sobre, empirique, sans illusions, qui tranche avec les grands discours abstraits.

Si tu veux, je peux aussi te faire :
un résumé d’un de ses livres,
une analyse de sa pensée esthétique,
ou une mise en perspective avec d’autres philosophes (Danto, Rancière, Deleuze, etc.).


Aujourd’hui : qui est Nathalie Heinich ?
Nathalie Heinich est une sociologue française, née en 1955 à Marseille, reconnue pour ses travaux sur l’art contemporain, le statut d’artiste et les valeurs en société. Elle occupe une place centrale dans la sociologie de l’art en France et au CNRS, où elle est directrice de recherche émérite.

Parcours académique
Née en 1955 à Marseille.
Formation initiale en philosophie (Aix-en-Provence).
Doctorat en sociologie à l’EHESS sous la direction de Pierre Bourdieu (1981).
Habilitation à diriger des recherches en 1994.
Carrière et institutions
Directrice de recherche au CNRS, membre du CRAL (Centre de recherche sur les arts et le langage, EHESS).
A mené des enquêtes pour le Centre Pompidou et le ministère de la Culture.
Co‑fondatrice de la revue Sociologie de l’art (1992).
Domaines de recherche
Nathalie Heinich est l’une des spécialistes françaises les plus influentes dans :
La sociologie de l’art contemporain
Le statut et l’identité de l’artiste (arts plastiques, littérature, cinéma)
Les publics des musées et la perception esthétique
Les valeurs et leurs usages sociaux (thèmes plus récents)
Publications et contributions
Elle a publié :
De nombreux ouvrages et articles (plus de 190 articles et 9 ouvrages recensés sur Cairn).
Des textes autobiographiques et des analyses sur les crises de légitimité dans l’art contemporain.

Pourquoi est-elle importante ?
Nathalie Heinich occupe une position singulière :
Elle défend une sociologie descriptive, attachée aux valeurs et aux normes, parfois en rupture avec les approches critiques.
Ses travaux ont profondément influencé la compréhension contemporaine de l’art, du statut d’auteur et des pratiques culturelles.
Si tu veux, je peux aussi te résumer un de ses livres, t’expliquer ses positions théoriques, ou comparer son approche à celle de Bourdieu.


Qui est Marie Sallantin ?
Marie Sallantin est une peintre française née en 1946 à Paris, connue pour une œuvre figurative et poétique nourrie de mythologie, de nature et de grands thèmes classiques. Elle vit et travaille entre Paris et l’Yonne, ce qui la rapproche de votre région en Bourgogne-Franche-Comté.

Portrait rapide
Nom : Marie Sallantin
Naissance : 9 octobre 1946, Paris
Profession : Artiste peintre
Formation : École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, élève de Jean Bertholle et Louis Nallard
Lieux de vie et de travail : Paris et l’Yonne
Style et thèmes
Son travail explore des sujets récurrents dans l’histoire de l’art, revisités avec une sensibilité contemporaine :
Mythologie : Aphrodite, Vénus, Danaé, Les Trois Grâces
Littérature : La Divine Comédie
Séries picturales : Anges musiciens, Grandes baigneuses, Étangs et reflets, Forêts, Masques et miroirs, etc.
Une peinture où couleur, lumière et figuration poétique dominent.
Expositions et reconnaissance
Elle a exposé dans de nombreux lieux en France et à l’étranger, notamment :
Paris (Hôtel de Sauroy, Mairie du 3ᵉ, Église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement)
Athènes (Maison de Chypre, Galerie Image)
Abbaye de Mondaye, Calvados
Ses œuvres figurent dans des collections publiques comme :
FNAC
Musée de Toulon
Ville de Paris
Publications
Elle a également écrit sur la peinture, notamment :
L’Art en questions, 30 réponses (1999)
Les années noires de la peinture

Je peux aussi te montrer ses thèmes principaux, analyser son style, ou t'indiquer où voir ses œuvres ?


Jean-Philippe Domecq ?
Jean‑Philippe Domecq est un romancier et essayiste français né le 13 mai 1949 à Angers. Il est connu pour ses romans en cycles, ses essais souvent polémiques et son pseudonyme emprunté à un auteur imaginaire inventé par Borges.

Repères essentiels
Identité
Nom de naissance : Jean‑Philippe Martin
Pseudonyme : Domecq (emprunté à un auteur fictif de Borges)
Naissance : 13 mai 1949, Angers
Nationalité : Française
Professions : Romancier, essayiste, critique
Œuvre littéraire
Romans
Deux grands cycles :
Le Cycle des ruses de la vie (1991–2001)
La Vis et le Sablier (2007–2017), où il explore la métaphysique‑fiction, un genre qu’il revendique.
Romans remarqués :
Cette rue (2007), Prix du roman de la SGDL
Le jour où le ciel s’en va (2010), Prix Tortoni
Essais
Robespierre, derniers temps (1984), son premier grand succès, mêlant littérature et histoire.
Une trilogie critique sur l’Art du Contemporain, dont Une nouvelle introduction à l’art du XXe siècle (2011).
Essais souvent polémiques, notamment sur la critique d’art et la vie intellectuelle.
Activités récentes
Il publie régulièrement dans la Revue Esprit et tient un blog où il commente l’actualité politique et culturelle.
Style et positionnement
Écriture analytique, souvent contestataire.
Volonté d’effacer l’auteur derrière l’œuvre, d’où le choix du pseudonyme.
Regard critique sur les institutions culturelles et la pensée dominante.

Si tu veux, je peux aussi te proposer :
une bibliographie complète,
un résumé d’un de ses livres,
ou une mise en perspective de son travail dans le paysage littéraire français.


Qui est Jérôme Serri ?
Jérôme Serri est un journaliste, essayiste et ancien collaborateur parlementaire français, connu pour ses tribunes culturelles et politiques dans plusieurs médias. Il publie régulièrement dans Causeur, Le Figaro, Valeurs Actuelles, Boulevard Voltaire et d’autres plateformes d’opinion.

Profil général
Journaliste littéraire et essayiste
Ancien collaborateur parlementaire
Intervient sur des sujets liés à :
La culture française
L’héritage littéraire (notamment autour de Roland Barthes et André Malraux)
Les débats politiques et sociétaux contemporains
Membre du Groupe de recherches André Malraux (Sorbonne) et commissaire d’expositions.
Publications et travaux
Les Couleurs de la France, avec Michel Pastoureau et Pascal Ory (Hoëbeke/Gallimard)
Roland Barthes, le texte et l’image (Paris Musées)
Participation au Dictionnaire André Malraux (CNRS)
Où le lire ?
Causeur : articles culturels, politiques, analyses de société
Le Figaro (Figarovox) : tribunes sur la langue, l’écriture inclusive, la République
Valeurs Actuelles : réflexions sur l’identité, la culture, l’islamisme
Boulevard Voltaire : chroniques et analyses politiques
Thèmes récurrents
Défense de la culture française et du patrimoine
Critique de l’écriture inclusive
Réflexions sur l’islamisme et la cohésion nationale
Analyses littéraires et historiques

Si tu veux, je peux aussi te résumer ses positions sur un sujet précis ou analyser un de ses articles.


Qui est Marc Vérat ?
Marc Vérat est un artiste peintre français contemporain, originaire de Nevers, connu pour son attachement à la peinture figurative et pour ses œuvres centrées sur la représentation des femmes.

Origine : Nevers (Nièvre).
Activités : Artiste peintre, enseignant, galeriste, blogueur.
Style :
Défenseur du figuratif, dans un contexte où l’art contemporain institutionnel privilégie souvent l’abstraction.
Œuvres allant du surréalisme à la peinture académique.
Thème récurrent : la femme, qu’il représente avec douceur, lumière et sensualité, sans vulgarité.
Une exposition virtuelle lui est consacrée, soulignant son positionnement en marge des tendances officielles de l’art contemporain.
Marc Vérat a un parcours d’artiste complet et singulier : formé dans plusieurs écoles d’art en France et en Argentine, il a mené de front une carrière de peintre, d’enseignant et de galeriste, tout en développant une œuvre figurative allant du surréalisme à l’académique.
Écoles d’art fréquentées :
École d’art de Reims
École d’art de Besançon
École d’art de La Plata (Argentine)
Activités professionnelles
Production allant du surréalisme à la peinture académique, avec un travail de montage mêlant photographies, dessins et références à l’histoire de l’art.
Enseignant en arts plastiques à Nevers.
Galeriste et blogueur, engagé dans une réflexion critique sur l’art contemporain institutionnel.
Défenseur du figuratif, dans un contexte où celui-ci est souvent marginalisé par les institutions.
Œuvres marquées par :
La représentation de la femme, omniprésente dans ses toiles et montages.
Expositions physiques et exposition virtuelle consacrée à son travail où il partage œuvres, textes et prises de position.

Si tu veux, je peux aussi te proposer une analyse de son style, une chronologie détaillée, ou un résumé critique de sa place dans l’art contemporain français.
Le “contrat Vérat–Wajntrob” renvoie à un document signé en 1977 entre Marc Vérat et Simon Wajntrob, producteur connu pour avoir travaillé avec Salvador Dalí et Mike Brant. Les archives disponibles indiquent surtout le contexte autour de Wajntrob, mais ne donnent pas le contenu détaillé du contrat lui‑même.
Simon Wajntrob, homme d’affaires, producteur (WIP), figure du show‑business des années 1970.
Nature : Un contrat de production / représentation, mentionné dans des archives en ligne, mais sans texte intégral publié.
Contexte :
Wajntrob était alors actif dans la production artistique et médiatique.
Il avait déjà travaillé avec Dalí et Mike Brant, et gérait diverses activités liées à l’art et au divertissement.
Les seules traces disponibles sont des mentions du contrat dans des blogs d’archives et des pages consacrées à Marc Vérat, sans reproduction du document.


Qui est Nicole Esterolle ?
Nicole Esterolle est le pseudonyme d’un critique d’art français très virulent envers l’art contemporain institutionnel. Il s’agit d’une identité volontairement cachée, utilisée pour publier chroniques, pamphlets et analyses satiriques sur ce qu’il considère comme les dérives du « système de l’art contemporain ».
Profil et identité
Pseudonyme : La véritable identité de la personne derrière « Nicole Esterolle » n’est pas connue. Cette discrétion est volontaire pour éviter que la notoriété personnelle n’influence la réception de ses textes.
Activité : Critique d’art, chroniqueur, parfois présenté comme artiste ou galeriste selon certaines sources.
Style : Ton satirique, pamphlétaire, souvent féroce envers les institutions culturelles françaises (FRAC, DRAC, etc.).
Travaux et publications
Blog très suivi : Le Schtroumpf émergent, où il publie des chroniques critiques sur l’art contemporain.
Livres :
L’ABC de l’Art dit Contemporain (Éd. Jean-Cyrille Godefroy), un ouvrage qui se veut un « remède » contre ce qu’il perçoit comme la déconstruction de l’art depuis 40 ans.
La bouffonnerie de l’art contemporain, compilation de ses articles.
Positionnement critique
Nicole Esterolle dénonce :
La « théologie » de l’art contemporain conceptuel.
Les réseaux institutionnels qui, selon lui, favorisent des œuvres « désartifiées ».
La marginalisation de la peinture et des pratiques plus traditionnelles.
Son discours est souvent décrit comme mi-anarchiste, mi-rabelaisien, mêlant humour, provocation et critique sociale.
Présence en ligne
Blog : schtroumpf-emergent.com
Il anime également un vaste « musée virtuel » présentant des milliers d’œuvres d’artistes qu’il soutient.

Résumé de la pensée de Nicole Esterolle
1. Une critique radicale du « système de l’art contemporain »
Esterolle considère que l’art contemporain institutionnel — celui promu par les FRAC, les DRAC, les grandes écoles d’art et les commissaires — fonctionne comme un système fermé, autoréférentiel, où la valeur d’une œuvre dépend davantage du discours théorique que de la qualité plastique.
Selon lui :
La création est devenue conceptualisée à l’extrême, parfois jusqu’à l’absurde.
Le marché et les institutions entretiennent une bulle spéculative autour d’œuvres pauvres en contenu sensible.
Les artistes sont incités à produire des objets « intellectuellement justifiables » plutôt que des œuvres sensibles, techniques ou émotionnelles.
2. La défense de l’art « sensible »
Esterolle oppose à ce système une conception de l’art fondée sur :
La sensibilité
La technique
Le rapport au réel
La création authentique, non dépendante d’un discours théorique
Il valorise les artistes qui travaillent la matière, la couleur, le geste, l’émotion — ce qu’il appelle parfois « l’art vivant ».
3. Une écriture pamphlétaire
Sa pensée est indissociable de son style :
Satire
Humour
Exagération volontaire
Ton rabelaisien, parfois outrancier
Ce style vise à secouer, à provoquer un débat, et à rendre visible ce qu’il perçoit comme une dérive culturelle.
Analyse de ses critiques
1. Une critique qui touche juste… sur certains points
Beaucoup reconnaissent que ses attaques mettent le doigt sur :
La bureaucratisation de la culture
Le rôle parfois opaque des institutions
La difficulté pour les artistes non conceptuels d’obtenir une visibilité
La tendance de certains discours théoriques à devenir hermétiques
Il exprime un malaise réel partagé par de nombreux artistes, galeristes et amateurs d’art.
2. … mais une vision parfois caricaturale
Ses détracteurs lui reprochent :
Une généralisation excessive : il met souvent tout l’art contemporain dans le même sac.
Une nostalgie implicite d’un âge d’or de l’art qui n’a jamais existé.
Une absence de nuance : il oppose trop strictement « art sensible » et « art conceptuel ».
Un manque d’analyse historique : l’art a toujours été traversé par des ruptures, des provocations, des expérimentations.
3. Une critique qui reflète un conflit plus large
Esterolle incarne un débat profond dans le monde de l’art :
Art conceptuel vs art sensible
Institution vs indépendants
Discours théorique vs expérience esthétique
Marché spéculatif vs création artisanale
Ce conflit existe depuis les années 1960, mais Esterolle le rend particulièrement visible et accessible au grand public.


Aude de Kerros ?
Aude de Kerros est une figure majeure du débat sur l’art contemporain en France : peintre, graveur et essayiste, elle est connue pour ses analyses critiques du marché de l’art et des institutions culturelles.

Qui est Aude de Kerros ?
Née en 1947 à Jakarta, dans une famille de diplomates.
Peintre et graveur formée notamment auprès de Henri Goetz, Friedlander et S.W. Hayter.
A réalisé plus de 80 expositions personnelles en France et en Europe.
Lauréate du Prix Paul-Louis Weiller de l’Institut de France (1988).
Son rôle dans le débat sur l’art contemporain
Aude de Kerros est surtout connue pour ses essais et articles où elle analyse :
les mécanismes du marché de l’art,
les stratégies d’influence culturelle,
la distinction entre art officiel et art libre,
les enjeux géopolitiques de l’art contemporain.
Elle défend une position critique face à ce qu’elle appelle la « machine de l’art contemporain », qu’elle voit comme un système institutionnel et financier globalisé, parfois déconnecté de la création artistique authentique.
Ouvrages et interventions
Parmi ses contributions récentes :
Art contemporain, manipulation et géopolitique (nouvelle édition 2024).
Nombreux articles dans la revue Conflits, où elle explore les liens entre art, pouvoir et géopolitique.
Interventions régulières dans les médias, conférences et émissions (notamment Radio Courtoisie).

Pourquoi est-elle importante ?
Parce qu’elle offre une lecture alternative du monde de l’art, souvent en décalage avec le discours dominant. Elle intéresse particulièrement ceux qui s’interrogent sur :
la valeur réelle des œuvres,
la place des artistes face aux institutions,
les rapports entre art, politique et économie.
Si tu veux, on peut explorer :
ses concepts clés (art global, art officiel, soft power culturel),
ses critiques du marché de l’art,
ou encore son influence dans les milieux artistiques et intellectuels.


Qui est Pierre Lamalattie ?
Pierre Lamalattie est un peintre, romancier et critique d’art français né en 1956, connu pour sa peinture figurative mordante, ses portraits‑CV ironiques et ses essais critiques sur l’art contemporain.
Portrait d’un artiste inclassable
Origines et formation
Né à Paris en 1956, dans une famille d’origine limousine.
Initié très tôt à la peinture par sa grand‑mère et par l’artiste Léo Lotz.
Suit pourtant une voie scientifique : major de promotion à l’Institut national agronomique Paris‑Grignon en 1975, aux côtés de Michel Houellebecq.
Diplômé ingénieur‑agronome en économie politique et écologie.
Un peintre figuratif à contre‑courant
Se consacre pleinement à la peinture à partir de 1995.
Son style : figuration narrative, souvent ironique, centrée sur la vie contemporaine, le travail, les identités sociales.
Il développe une réflexion critique sur l’histoire de l’art et sur l’appauvrissement de la figuration dans l’art contemporain.
Œuvres marquantes
Série « Les Curriculum Vitae » : portraits accompagnés d’une phrase résumant une vie, entre humour, douleur et lucidité.
Peintures mêlant narration, observation sociale et satire douce‑amère.
Romancier et essayiste
Auteur de romans et de textes critiques sur l’art, la société et la vie professionnelle.
Défend une peinture qui raconte, qui observe, qui remet en question les récits dominants de l’art contemporain.
Activités actuelles
Vit et travaille à Paris.
Expose régulièrement en France, seul ou avec d’autres artistes.
Anime un site riche en articles critiques, réflexions sur l’art et présentations de ses œuvres.

Si tu veux, on peut explorer :
ses positions critiques sur l’art contemporain,
une analyse de sa série Curriculum Vitae,
ou encore la place qu’il occupe dans la nouvelle figuration française.

* * *

Pierre Lamalattie
"Pour beaucoup, l’art moderne et contemporain constitue le tout du XXe siècle. Par exemple, le centre Beaubourg prétend être “une référence pour chacun des grands mouvements artistiques des xxe et xxie siècles”. Or, il ne présentait encore récemment que ceux s’inscrivant dans le grand récit moderne-contemporain qu’il a d’ailleurs contribué à forger.
J’ai une vision fort différente de cette période. De ce fait, le corpus sur lequel je réfléchis est tout autre de ce qu’on trouve dans tous ces livres et ces musées qui confondent histoire de l’art du XXe siècle et histoire de l’art moderne et contemporain.
J’ai accumulé chez moi au fil du temps beaucoup de livres sur des peintres du xxe siècle. À eux, se sont ajoutées les immenses possibilités d’Internet. Je suis frappé qu’il n’y ait presque aucun nom en commun entre ma bibliothèque et les cimaises de Beaubourg. Ceci alimente ma conviction que l’histoire de l’art, notamment du xxe, doit être bien plus ouverte et plurielle qu’elle ne l’est."

Marc Vérat
Mon point de vue
D'un XXe siècle riche en diversités, les institutions et l'histoire de l'art ne retiennent et ne mettent en exergue que les formes d'expression plastique dont l'objectif consiste principalement :
- soit à se manifester sur un mode sommaire et iconoclaste,
- soit à retrouver la source primitive et instinctive de l'acte créateur.
Face à l'innovation critère d'absolu, face à la mise en scène banalisée de l'objet, face au multimédia institutionnalisé, l'oeuvre narrative et peinte, comportant de surcroît des référents clairement affichés, renvoie immanquablement aux questions :
Qu'est-ce que l'art ? Et celui-ci existe-t-il en dehors de l'art d'autrefois ?
Ceci nous interpelle autant sur le mode de diffusion du savoir à l'intérieur de la culture occidentale que sur l'avenir de celle-ci à travers la crédibilité supposée de l'art contemporain, autrement dit sur l'omnipotence actuelle conceptuelle-minimaliste.
La Figuration, après un siècle qui a surtout cherché à s'en affranchir, offre pourtant et toujours une source de sens et de diversité. La peinture peut aller au-delà d'une vision aquarellée ou impressionniste de notre environnement, elle peut parfaitement s'inscrire autour d'une réflexion globale sur l'art.
En marginalisant l'acte de peindre, l'art dit contemporain s'est sans doute perdu. Pour combien de temps encore ?
La peinture et, à travers elle le dessin, restera toujours un moyen majeur de l'expression humaine. Seuls, au niveau de la clarté de l'idée et du sujet, les codes de l'écrit et du langage, bien plus récents, permettent davantage d'objectivité et de développement.

Aude de Kerros
Je fais le même constat !

Marie Sallantin
« La peinture et, à travers elle le dessin, restera toujours un moyen majeur de l'expression humaine. Seuls, au niveau de la clarté de l'idée et du sujet, les codes de l'écrit et du langage permettent davantage d'objectivité et de développement. »
Moyen majeur d’expression , comme l’écrit Marc Vérat, certes la peinture l’est !
Comment se fait-il qu’elle parvienne à être aussi un langage, une écriture du vivant dans ses œuvres majeures ? Ne vous déplaise, c’est un fait que l’humanité a su reconnaître les plus grands artistes, les peintres formant une « chaîne des maîtres » dans un récit appelé histoire de l’art. Je sais que ce récit difficile d’accès (son enseignement absent des écoles d’art, les maîtres passeurs éliminés), est aujourd’hui carrément rejeté .
On le déteste en haut lieu ! Il en faudrait un autre plus en phase avec les attentes d’aujourd’hui si « élargies » et si horizontales. Fort bien ! Ceci est un point d’appui sinon comment comprendre l’enlisement, la disparition de la critique d’art ? Alors, rejetant les maîtres, chacun voit midi à sa pendule. Chacun est roi. Il y a là qqch d’enfantin. J’espère d’autres attentes plus raisonnables, que l’admiration des modernes se distingue d’abord et l’emporte ensuite sur l’attrait pour les pompiers. Pas gagné ! C’est l’avenir du musée qui est d’actualité ! Quel musée voulons nous ? Le bazar ou l’école ? Ou bien les deux selon les goûts. Halte au mélange indigeste et mortel.

Yves Michaud
Le sujet est trop complexe pour être abordé dans ces échanges.
Se mêlent en effet au moins quatre problématiques :
1) qu'est-ce que l'art contemporain? Question elle-même complexe recevant des réponses très différentes en fonction des aires culturelles et des pays
2) quel est l'impact spécifiquement français de l'étatisation et de la bureaucratisation de la culture et pas seulement depuis 1981 ?
3) quel rôle joue en France le milieu médiatico-étatico-mondain dans la confusion des idées et des goûts? (aller voir sur Saywho ce petit monde qui doit compter au plus 100 personnes)
4) quelles sont la place et la signification des arts visuels dans la culture de loisir, de consommation et de divertissement depuis les années 1970-80 ? Je vois rarement évoqué le livre de Postman, Enjoying ourselves to Death (se distraire à en mourir) qui est pourtant un bon point de départ, bien plus intéressant que McLuhan.
Ce ne sont pas des échanges rapides qui permettent d'y voir plus clair.

Marie Sallantin
Il n’est pas surprenant que nos attentes diffèrent et rendent difficile voire impossible un débat entre nous. Permettez que je revienne sur la pointe des pieds.
Etant peintre et non sociologue , m’intéresse surtout " notre rapport à l’art » qui effectivement a changé considérablement avec les modernes. « Notre art n'est pas seulement celui de notre temps », Jérôme Serri insiste sur ce point - et je l’en remercie - car cette singularité nous permet d’aborder l’art contemporain comme tout le contraire . Malgré ses prétentions d’ouverture , il est fermé sur notre temps . C’est lui que est poussiéreux, étriqué et non l’art des peintres. Sans filiations l’art contemporain programme sa propre mort . En s’effaçant , un espace s’ouvrira à l’imprévu, aussi se précipite-t-il dans les musées où il n’a pas sa place pour retarder l’heure de son éviction.
Voici la citation de Jérôme Serri :
... c'est fondamental, notre civilisation est la première à réunir sous le même terme "art" les créations de toutes les civilisations précédentes et à les admirer (les aimer) à côté de celles par exemple d'un Van Gogh, d'un Braque ou d'un Picasso. Autrement dit, et c'est un point capital, notre art n'est pas seulement celui de notre temps.
Est-ce qu'invisibiliser une question fondamentale relative à ce dont on parle est une bonne façon de critiquer l'invisibilisation de très bons artistes que l'on reproche au Ministère ?
Ne pas prendre en compte cette singularité (ce mystère) de notre civilisation dite moderne, c'est s'empêcher d'aborder sérieusement la question de l'art ou ce qui est même chose, celle de la création (à surtout ne pas confondre avec la production ou la créativité).

Jean-Claude Lardrot
Nous sommes dans les présentations et la nostalgie de nos trente ans et davantage. La peinture était alors encore visible, elle le reste encore, mais seulement du grand public...
Dans un registre très proche, il y a plus émouvant et judicieux à visiter qu'un Centre d'Art Contemporain, c'est une déchetterie municipale.
Le volume de ces immenses bennes, où les choses viennent se ranger par catégories (verre, bois, métaux, papiers...), la ronde des usagers venant se débarrasser là de ce qui n'a plus d'intéret pour eux (mais pourrait en avoir pour d'autres), le bruit parfois douloureux que font aussi les objets que l'on jette pêle-mêle, la mélancolie profonde qui règne dans ce terminus du rebut, dans ce béant spectacle où échoue ce qui a perdu toute fonction, toute valeur, utilitaire ou commerciale, l'idée pourtant que le recyclage fera renaître d'autres formes, d'autres utilisations, une nouvelle vie... Tout cela invite à la méditation sur ce qu'il en est de nous, de nos sociétés et de nos futiles attachements aux biens de ce monde.
La participation du public est entière, d'un engagement absolu car la déchetterie est la plus accomplie des oeuvres collectives : anonyme, grandiose, généreuse, sans cesse renouvelée, elle use de la classification, de l'accumulation, du hasard avec une souveraine innocence, une implacable constance dans la détermination.
En comparaison, les installations des plasticiens professionnels font songer à ces vitrines de vieilles merceries de province décorées de façon mesquines et chichiteuses.
Quant au message véhiculé par une telle oeuvre, il est crucial puisqu'il signale ce mal incurable qui ronge notre planète polluée par nos déchets. Rien de moins.

Jérôme Serri
J'ai posé et reposé quelques questions et notamment une question fondamentale. La prendre simplement en compte serait-il une menace pour ceux qui ne se la sont jamais posée ?
Est-ce qu'invisibiliser une question fondamentale relative à ce dont on parle est une bonne façon de critiquer l'invisibilisation de très bons artistes que l'on reproche au Ministère ?
Je la remets à tout hasard en discussion :

Marc Vérat
Invisibiliser : On peut effectivement le reprocher au Ministère et à son armée de fonctionnaires, mais reste à définir ce que peuvent être de très bons artistes ? On peut toujours prendre la question en compte sans en tenir compte !
Rendre invisible, soustraire au regard une catégorie de population, dans l’espace public, la vie professionnelle, etc.
Sans aucun doute ! l'art conceptuel et minimaliste a occulté en grande partie la peinture actuelle, bonne comme mauvaise mais, ici, ça reste une histoire d'appréciation, de choix : le Nicolemuseum, par exemple, oublie les paysages et natures mortes.

Jean-Philippe Domecq
Chère Nathalie
J'avais évidemment lu chacun de tes ouvrages, qui ont toujours été inclus dans les miens, dont tu n'as jamais inclus sérieusement les propositions d'analyses. Ce fut un choix constant pendant trente ans, autrement dit une "opinion".
Ceci juste pour confirmer ma distance par rapport aux débats tronqués.
Bon travail, et mes amitiés,

Nathalie Heinich
Cher Jean-Philippe, Merci pour ce rappel. Je me permets de rappeler à mon tour que j'ai analysé les discours des spécialistes de l'art contemporain il y a bientôt trente ans dans un chapitre du Triple jeu de l'art contemporain, en mettant notamment en évidence les trois formes d'"herméneutique", positive, critique, et interrogative. Et j'ai explicité plus généralement le rôle fondamental des discours dans le monde de l'AC dans Le Paradigme de l'art contemporain, paru il y a une douzaine d'années. J'invite donc les amateurs de "débats" à commencer par se documenter avant d'exprimer leurs passionnantes opinions. Amitiés à toi.

Jean-Philippe Domecq
Votre sens du dialogue, Jérôme Serri, a toujours été productif et je ne l'ai jamais refusé. De même Nicole Esterolle a eu le mérite de relancer la discussion sur les apories volontaires dans la sociologie de l'art. Yves Michaud par ses ouvrages récents - scandaleusement passés sous silence - n'a pas cessé de poser les problèmes en pleine connaissance de cause, et ses interventions comme ses ouvrages sont une constante ouverture internationale sur les recherches en ce domaine.
Mais j'ai cessé de participer à la présente discussion lorsqu'on a trouvé "pas clair" mon refus de l'amalgame politique hors-sujet d'un mail qui mélangeait toutes les poitiques (sauf le... mélenchon à la rigueur). Je vous simplement écrivais ceci pour qu'on ne s'égare pas dans la rdicalité années 30 : "absolument pas d'accord avec cet apolitisme, d'une immaturité frappante par les temps actuels. Sans compter que le débat n'est pas là." Il ne s'agissait pas là d'engagement politique, mais de garder la capacité du discernement. On m'a pourtant demandé: m_verat@live.fr > "immaturité frappante par les temps actuels" de qui ? Des politiques ?"
- j'ai répondu : "Mes mots sont clairs: désaccord total avec le fourre-tout amalgamant toutes les politiques. C'est d'une immaturité consternante."
- à quoi il fut répondu: "Pas si clair que ça ! "absolument pas d'accord avec cet apolitisme, d'une immaturité frappante par les temps actuels", ? A chacun sa part de naïveté, à chacun sa part d'illusion, sans parler "d'une immaturité frappante par les temps actuels", sans aucun doute au sujet de nos soi-disant représentants.
On comprend qu'il y a de quoi arrêter là. On ne peut dire que l'échange fut refusé, mais plutôt que celui-ci est vain.

Maintenant, concernant le débat lancé par Nicole Esterolle, je vous ai répondu, résumant ce qui est détaillé dans mes livres et ce n'est pas ma faute si on n'en tient pas compte y compris chez certaines et certains participant à la discussion: voici ce que je vous synthétisais là-dessus et sur la précision à préférer: "Art du Contemporain", pour sortir du fourre-tout "Art contemporain", dans le mail du 7 janvier: "Depuis le début des interrogations sur ce que j'avais labellisé, pour plus de clarté conceptuelle et périodique, "l'art du Contemporain", l'analyse sociologique doit aussi, et surtout, faire ressortir le rapport entre les oeuvres mises en avant par les professionnels et le système d'interprétations qui a mis en avant pareilles oeuvres. Car la spécificité historique de cette période close aura été: comment de telles intelligences ont-elles pu se satisfaire d'euvres qui auront été aussi simplistes (que Koons, Buren, Toroni, i tutti). Il ne s'agit donc et certes pas de demander à la sociologie des jugements esthétiques, mais qu'elle analyse le va-et-vient entre les commentaires et les oeuvres: pourquoi une telle surévaluation? Les attitudes et les oeuvres, donc. Le reste (le fonctionnement, la reconduction, les transactions) ne fait qu'en découler, l'essentiel n'était pas là. "
Depuis toujours j'ai écrit que la sociologie de l'Art du Contemporain n'aurait jamais dû éviter le sujet central des attitudes intellectuelles sans lesquelles n'auraient pas été mises en avant les oeuvres les plus schématiques de l'histoire de l'art et qui marquent une rétroaction historique de l'intelligence. La régression de l'intelligence existe en politique, pourquoi pas ailleurs? L'oppression culturelle cela existe et la sociologie avait tout à voir là-dedans, sans se mêler d'esthétique en effet. Il y a tout à fait moyen d'être "axiologique" sur les niveaux de pensée. "On repère communément la bêtise à ce qu'elle tient des propos simplistes sur des sujets complexes; on oublie qu'à l'inverse elle peut à consister à tenir des propos sophisitiqués sur des objets simplistes." (préface à Comédie de la critique). Il est vrai que cela impliquerait quelques risques de "penser nouveaux", alors que le temps des "Provinciales" qui passionnaient pourtant l'opinon est loin sans l'être. Le débat de Pascal sur la grâce efficace et/ou/ni suffisante avec pouvoir "prochain" ou sans, n'est pas si loin du pinaillage extrêmement sophistiqué qu'il a fallu de la part d'auteurs incontestablement connaisseurs, pour imposer que Koons c'était efficace et suffisant et que Buren devait être beaucoup mieux compris et n'était pas plus répétitif que Soulages disant modestement sans que personne ne pouffe, qu'"avant chacune de ses oeuvres il ne sait pas où il va".
Quant à incriminer les politiques dans les choix artistiques en art, c'est leur demander d'intervenir et on sait ce que cela donne historiquement.
En tout respect de la discussion ouverte donc, à condition qu'on ne refuse pas de comprendre. Se taire c'est admettre le refus de comprendre.
Bien à tous, Jean-Philippe Domecq

Jérôme Serri
Tout à fait d'accord.
Pourquoi avoir voulu lancer le débat qui fut immédiatement polémique ? L'observant sans y prendrre part, et voyant sa tournure qui avait un côté Prova d'orchestra (Fellini) où chaque musicien ne connaît que son instrument, j'ai introduit dans le débat en cours une simple question qui me semble la mère des questions.
On peut bien sûr l'interrompre et continuer d'égrener le catalogue infini du "conceptualo-bidulaire". Ce ne sera pas la première fois.

Yves Michaud
Et je, et je, et je... Madame Heinich lit ses travaux

Nicole Esterolle
Ce qui me fait penser au livre d'Alain Troyas (dans la boucle) et Valérie Araullt, intitulé "du narcissisme de l'art contemporain " ED L'Echappée - 2017

Nathalie Heinich
Cher Jean-Philippe, Je te redis ce que j'ai souvent tenté d'expliquer: tes analyses relèvent d'une posture critique qui est l'objet de mon travail ("les rejets de l'art contemporain") mais ne peut pas être son aliment, puisque la spécificité de mon approche est précisément d'analyser sans prendre parti. Et je m'intéresse prioritairement aux réactions de sens commun, alors que tes analyses critiques relèvent du monde savant. Double raison donc pour ne pas m'y intéresser - et désolée si cela te froisse, mais cela n'enlève rien à ma grande estime pour ton intelligence et pour ton courage (courage dont, soit dit en passant, beaucoup me créditent pour continuer à résister aux récurrentes injonctions culpabilisantes à "prendre position"). Amitiés

Philippe Declerk
Chers participants de ce débat,
Je vois que certains prennent l'avion et pas le bateau !
Après la lecture en diagonal de vos messages, je comprends mieux pourquoi les automobilistes s'insultent sur la route. Je suis au regret de vous dire que ce débat contenant des affirmations péremptoires et presque des insultes est une grosse soupe incompréhensible avec attaques personnels. Mais c'est quoi le sujet ? J'ai vraiment l'impression que des positions personnels sont menacées ce qui plombe tout.
Merci à Nathalie Heinich pour le côté amical de son dernier message adressé à Jean-Philippe Domecq qui détonne dans ce triste "débat". Je la remercie aussi pour ses travaux sérieux dans son domaine, c'est à dire la sociologie, et pas autre chose. Ne mélangeons pas tout.

Jérome Serri
Un serviteur voulant un jour épater son roi, l'emmena voir un pauvre bougre qui s'était entraîné durant des années à faire entrer, en les lançant à bonne distance, des grains de blé dans une boite, et ce par un petit trou de la taille d'un grain.
Pour le féliciter, le roi lui fit porter par son serviteur... un sac de blé.
Avec cette visite d'une déchetterie, Marc Vérat à voulu, si je comprends bien, porter à l'infatigable sociologue de l'art contemporain... un "sac de blé".


Jérôme Serri
LES PNEUS DE CLAUDE LÉVÈQUE
Un non-sujet sociologique… Sauf pour Jérôme Serri !
Il se passe des choses étranges dans les coulisses de la Macronie par Jérôme Serri
Pourquoi cette manière ambiguë de présenter mon article ? J'y demandais la création une commission d'enquête sur le circuit de la décision et sur l'ensemble des acteurs, pour ou contre, qui furent présents à chaque étape. Que vient faire ici la sociologie ? Et pourquoi parler des coulisses de la macronie quand il s'agit des coulisses d'une scène plus large et plus ancienne. C'est bien tendancieux !
Par ailleurs, j'avais envoyé un florilège de citations d'André Malraux, notamment sur les principes d'une politique culturelle, pour annoncer que l'année 2026 était celle du 50ème anniversaire de sa mort. Pourquoi les avoir laissées de côté ?
D'autre part, il n'est pas inutile de savoir que délégué adjoint, puis délégué général du Frac Ile de France dès sa mise en place en 1982, je fus le seul responsable de Frac à demander et à obtenir quelques années plus tard que le Président de Région IdF refuse les crédits de l'Etat. "Moins d'argent, plus de liberté", fut mon slogan auprès des élus. Position au demeurant soutenue par Nicole Bricq, présidente PS de la commission culture.
Enfin, pourquoi lit-on sous la plume de Nicole Esterolle ceci : "Rappelons que le jeune Bourdieu fut le sécrétaire du très droitier Raymond Aron…" Cette façon de disqualifier une pensée par l'étiquette politique est insupportable. Cela a joué un sale tour à Didi-Huberman qui, bien que spécialiste de l'image, a confondu, dans une célèbre photo, le Robert Poujade, député gaulliste de la Côte d'Or et futur maire de Dijon, avec le Pierre Poujade, syndicaliste fondateur du poujadisme. Entraîné par cet indéracinable a priori de militant que la vérité a nécessairement une étiquette, et que cette étiquette est tout aussi nécessairement de gauche, il ne put se retenir de commencer par discréditer celui dont il s'efforçait ensuite d'invalider la réflexion. Ces réflexes sont lassants !

Jean-Philippe Domecq
Là en effet, pour le cas Claude Lévêque, la sociologie aurait eu un travail critique à faire ; en vain on avait pointé l'aberration de la promotion d'un tel artiste, avant même qu'on sache qu'il était personnellement tordu. Or, Macron, grand tordu s'il en est, qui a infusé sa perversité d'"en même temps" à la politique (qu'il avait déclaré détester en général dès 2016), a largement commandité Lévêque pour tel salon de l'Elysée. La congruence Macron/Lévêque est parfaite, significative. Jérôme Serri a totalement raison d'en faire l'analyse critique, scientifiquement fondée.
Autre sujet : le choix indigent de Tabouret pour les vitraux de Notre Dame : l'artiste contemporain majeur et qui oeuvre sur verre, Antoine Leperlier, aurait élevé et renouvelé le regard en ce lieu. Il est bien connu des collectionneurs et régulièrement exposé par la galerie Capazza, mais le labyrinthe d'intrigues pour être sélectionné a de quoi décourager tout artiste non-arriviste. J'invite à voir ses oeuvres. Là encore, les processus de sélection étaient à pointer par une sociologie pas si policée.

Yves Michaud
Je ne voulais plus intervenir mais les considérations sur Lévêque me choquent.
Jeune (début des années 1990), Lévêque a été un artiste subtil et poétique. Il a par la suite beaucoup baissé pour diverses raisons allant de ses besoins d'argent (le sexe coûte cher) à ses addictions et pire encore au soutien des apparatchiks de la culture. Pour ce qui est de ses pneus, il faudrait aussi se poser des questions assez sordides sur le conseiller culture de monsieur et madame Macron qui a promu ce truc, le nommé Bélaval, qui a subitement disparu des radars il y a un ou deux ans, sur lequel il y aurait pas mal à dire et pour des raisons qui m'intriguent.... beaucoup de points de suspension mais pas d'interrogation.
Lévêque est loin d'être le seul à avoir été meilleur au début qu'à la maturité et on peut se poser la question du rôle que joue dans ce déclin le soutien de l'appareil culturo-mondain... Ce me semble un phénomène typiquement français que ce développement à l'envers.
Enfin les arguments moralo-esthétiques me dégoûtent aussi bien dans le sens de la condamnation (affreux pédophile !) que dans celui de l'éloge (vertueux racisé !)

Marc Vérat
On reste encore et toujours "entre-soi" !
Le conseiller « spécial » culture d'Emmanuel Macron depuis 2023, Philippe Bélaval, quittera son poste à partir du 23 juin 2025, indique un arrêté du président de la République pris le 30 mai 2025. Depuis, "catherine.pegard@elysee.fr" l'a remplacé.
Philippe Bélaval assumait ce rôle depuis le début d'année 2023, succédant à Rima Abdul-Malak, qui avait laissé le poste vacant depuis son entrée au ministère de la Culture en mai 2022. Déjà proche du président de la République, il le conseillait sur les sujets patrimoniaux et s'était notamment impliqué dans le projet de la Cité internationale de la langue française, à Villers-Cotterêts.
De la BnF à l'Élysée
Philippe Bélaval serait « cité parmi les prétendants à l’Académie des beaux-arts », et fait valoir ses droits à la retraite pour justifier son départ de l'Élysée — il est âgé de 69 ans.
Diplômé de l'Institut d'études politiques de Toulouse, passé par l'École nationale d'administration, Philippe Bélaval commence sa carrière au Conseil d'État avant d'accéder aux institutions culturelles. Il devient directeur général de l'Opéra de Paris en 1990 puis se voit confier plusieurs missions relatives à la création de la nouvelle Bibliothèque nationale de France, en 1993. Il prend le poste de directeur général de l'établissement à partir de 1994. Après la BnF, il prend la direction des Archives de France, avant d'être directeur du Centre des monuments nationaux en 2012.

L'exemple de l'Académie de France à Rome : pas moins de 10.9 M€.
Une suppression de cette Académie, c’est-à-dire de la Villa Médicis, serait, non seulement logique mais également salutaire au budget. En effet, cette Institution uniquement prévue pour accueillir les lauréats des Prix de Rome perdure, alors que la distinction des Prix de Rome a été abandonnée depuis 1968.
La nomination de directeur de la Villa Médicis se fait par décret du chef de l’État, celle-ci offre donc des opportunités de reclassement, ce qui peut expliquer que même devenue depuis longtemps inutile et sans objet, la suppression de la Villa ne figure pas à l'ordre du jour, pas plus que sa vente ou sa restitution aux italiens. Le fonctionnement de cette Académie a d'ailleurs fait l'objet d'un rapport d'information au nom de la commission des finances du Sénat.

DÉPART DE MME DATI DANS LE CADRE DE LA RÉDUCTION DU DÉFICIT PUBLIC
Le dossier complet et accablant de Marc Vérat sur le bilan calamiteux du ministère de la culture, qu’il va bien falloir supprimer pour changer de paradigme.
Le dossier complet ici : (un document d’époque à garder par devers vous)

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