Vers la fin du Ministère de la Culture














































































































































































Les coupes récentes, annulations de crédits, baisse de la mission Culture, réduction d'un budget incluant l’audiovisuel public, montrent bien la fragilité du modèle actuel.
Le ministère de la Culture est pris entre des missions très larges, gestion du patrimoine, éducation artistique, régulation des médias… et un budget moindre entraînant des résiliations et coupes successives depuis 2025 qui touchent pratiquement tous les programmes et font baisser, pour la première fois depuis plus de dix ans, l’effort global des financements.
Dans ce contexte, réformer ne peut pas être seulement réorganiser l’administration en réduisant notamment le nombre de postes, plusieurs pistes restent envisageables,

par exemple :
- Mettre en avant l’évaluation des services effectivement rendus au cœur de ladite réforme.
- clarifier explicitement l'orientation culturelle, en alignant la gouvernance, les personnels et les moyens financiers.
- préciser la mission du ministère et repenser l'excès de centralisation parisienne.
- prioriser clairement des objectifs nationaux comme la réduction des inégalités territoriales et sociales, avec un soutien axé sur une réelle diversité et souveraineté culturelle, notamment esthétique, sans oublier bien entendu le Patrimoine, y compris régional.
- assumer avec courage des renoncements et énoncer ce que l’État ne fera plus ou fera moins. Certains événements devront se tourner vers des financements privés, certaines subventions de confort ou en doublons avec les collectivités seront forcément abandonnées.
- repenser le rôle des opérateurs nationaux paraît incontournable et, dans la mesure du possible, il faudra les regrouper ou même en supprimer quelques-uns.

Les objectifs doivent être exigeants concernant les aides aux créateurs, la diversité des projets, la fréquentation des publics, et la coopération avec les organismes locaux.
Les subventions, toujours conditionnées à des engagements mesurables, devraient être l'objet d'un rapport annuel largement publié par une instance indépendante. Le cas échéant, les aides se verront réorientées vers des critères d’utilité sociale, de mixité des publics, vers un ancrage territorial de la création vivante.
Par ailleurs, il semble utile d'encourager la création numérique (jeux vidéo, web-séries, plateformes), en lien avec les écoles d’art, de cinéma, de design, d’ingénierie ; de poursuivre une politique active de numérisation et d’accès libre de droit, autrement dit en licence ouverte, aux archives en ligne, musées, ou autres sources nationales dépositaires du patrimoine.

Selon les chiffres du ministère, en 2024 il y avait environ 7 400 agents directement employés dans son administration centrale.
Selon un rapport du Sénat, en 2023 le ministère de la Culture rémunère 28 485 emplois, équivalents temps plein, dont :
8 969 emplois, personnels directement rémunérés par l’État.
19 526 emplois via les opérateurs ou agences, qui sont des structures subventionnées ou créées par le ministère.
Le constat du Sénat souligne que le ministère de la Culture est caractérisé par un réseau d’opérateurs considérable.
Les crédits dédiés aux fonctions de soutien du ministère, autrement dit la masse salariale liée au fonctionnement du ministère augmente toujours.
Pour le Rapport Social Unique 2023, le ministère compte 28 485 agents, dont près de 80 % travaillent dans des établissements publics comme les Musées.

Le gouvernement veut réduire le nombre de fonctionnaires pour faire des économies, ce qui laisse entendre qu’il estime certains effectifs excessifs. L’administration d’État ne cesse pourtant de grossir et des voix critiquent un manque de lien clair entre les agents et un service public rendu aux citoyens ou, en l'occurrence ici, aux créateurs.


… Sur les ravages de cinquante ans de progressisme culturel auxquels les réseaux de l’art institutionnel commencent à être attentifs.
Un document important pour les actuels et futurs historiens de l’art.
Une étude qui contribuera à la restauration du sens en art.
Une étude dont la circulation sur internet devient virale.

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